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les chemins extraordinaires.


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 les chemins extraordinaires.

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j'suis le grand frère de pascal le grand frère
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♡ messages : 91
Ven 24 Juin - 20:30


les chemins extraordinaires.


assis sur les quais, tu regardes les bateaux qui tangue sur l'eau moisie par le pétrole. le soleil se couche derrière leurs voiles blanches repliés à la vas vite sur leurs mats qui se dressent et pointe le ciel aux nuages rosés. t'es sorti de chez toi à la vas vite, en plein milieu d'un énième bordel familial, à propos du grand qui était en garde à vue, et du moyen qu'avait rien vu, et du père qui avait tenté de les couvrir tant bien que mal. tu avais filé en pleine séance d'aveux, entre deux gueulantes et trois soupires. te voilà ici, tu allumes la cancéreuse, fixe les flotteurs qui s'entrechoquent. tu vois ton avenir se dessiner entre deux coques ivoires. des mauvais choix, que des mauvais choix. tu te dis qu'un jour, dans 10 ans, tu reviendras là, et tu te diras "j'aurais pas du faire ça."
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♡ poisoned youth ♡
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♡ date de naissance : 04/09/1996
Ven 24 Juin - 20:50

ce n'est pas l'eau qui te donne envie de vomir, pas même l'odeur musqué d'un mélange de pisse et de stupre que le vent ballade. c'est autre chose, une infime partie du monde que tes sens tentent d'oublier du bout des neurones. c'est le shit, c'est la peur, l'appréhension. la honte, aussi. un mélange inexplicable. t'entends le bout de tes semelles faire du boucan pendant que tu cours en fixant l'eau. calme. salée. t'aimerais pouvoir y tremper ton corps, te délivrer de toutes saletés en un bain merveilleux. t'y noyer, ne plus jamais ressortir. que les gens se disent entre eux "tiens, la petite keynes est morte hier, un déchet de moins dans ce monde." t'en as peur de ça. de ta fin. de la fin.
alors tu continues de courir, le coeur au bord des lèvres, tu peux presque le cracher, en même temps que tes rêves et tes espérances. ce paquet que tu tiens entre tes bras, c'est important, c'est primordial. c'est ta vie contre la marchandise. tu peux sentir l'odeur de l'herbe à travers le film plastique.
et là, c'est le drame. tu te sens chavirer. ton pied se prend dans un obstacle non-identifié au sol. tu aurais aimé pouvoir te protéger, mettre les mains pour te rattraper. mais ce paquet est plus important que ta vie, alors tu le serres entre tes bras, et tu pousses un cri en sentant ta mâchoire percuter le bitume échaudé. un peu de sang perle sur le bas de ta lèvre charnue pendant que tu relèves la tête. t'as honte, mais surtout, t'as peur. y'a un gars pas loin. il a même pas l'air d'avoir percuté que t'étais là, la face sale, les membres endoloris et le coeur tordu. tu te mets sur tes genoux et tente de récupérer le contenu du paquet qui s'est légèrement éventré sur le sol. un coup d'oeil vers le gars pour vérifier qu'il n'ai rien vu. s'il te dénonçait aux flics ? tu dirais que t'as été forcée, mais tu serais morte en sortant. il ne doit pas voir. lorsqu'il tourne enfin la tête vers toi, et que ses yeux se posent sur l'herbe qui est répandu par terre, t'as un BOUM dans ta tête. tu baisses les yeux, puis le regarde, puis laisse un soupir s'échapper de tes lèvres tremblantes. c'est pas ce que tu crois, c'est du basilic ! tu sais même pas à quoi ça ressemble le basilic. tout ce que tu sais, c'est que t'as peur. c'est qu'il a le pouvoir de t'envoyer au trou.
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j'suis le grand frère de pascal le grand frère
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♡ messages : 91
Ven 24 Juin - 21:54

t'as la vague à l'âme, il y a de la houle dans ton coeur remplis de rêves égarées. t'aimerais pouvoir t'échapper, vauguer jusqu'au milieu de l'océan, et regarder la voie lactée. la terre ferme te donne le mal de mer. la pollution, l'hypocrisie et le capitalisme sont d'infernales tempêtes, qui mettent à la mer les types comme toi, ceux qui naviguent tant bien que mal dans une chaloupe en bois qui ne cesse de prendre l'eau. les gens sur les navires, eux, vont bien. tu te noies dans la fumée grise de ta gauloise, qui t'arrache la gorge et rempli tes poumons roses de goudron noir. a défaut de ton coeur, ça fait rempli quelque chose en fait. tu sors de tes pensées, finis de tirer des plans sur la comète, finis de broyer du noir dans l'eau sale du vieux port. une fille est tombé, là bas. personne n'y prête attention, étonnement il n'y a pas grand monde ce soir ici. tu te lèves, la rejoint d'un pas fatigué, le regard soucieux. et puis, tu vois l'herbe verte étalée sur les pavés, le paquet éventrée, et les lèvres ensanglantés de cette fille. bizarre. et là, elle te sors la meilleure vanne du monde. tu fais de grands yeux, et tu souris à pleine dents, t'as envie de rire à gorge déployée, mais tu sais plus trop comment on fait. bah bien sur et moi j'suis le pape et j'attends ma soeur ! ça va ?  tu te baisses, pose une main sur sa joue, examine sa lèvre. puis tu t'assoies en tailleur, et commence à ranger la weed dans le paquet comme tu veux, comme un gamin rangerais ses kaplas après la garderie.  mais qu'est ce que tu fou avec tout ça, je savais pas que les jolis filles étaient grossistes. moi je voyais plutôt des gros renois bien baraqué, ou des italiens avec les cheveux gominés et la chevalière, tu vois ? dépêche toi avant que quelqu'un te voit.  tu prend une tête que tu glisses dans ta poche sans te caché, lui fait un grand sourire d'innocent. elle a l'air toute sonnée, et toi tu te poses pleins de questions sur cette étrange poupée fragile à la lèvre amochée, qui deal de l'herbe par paquet de 100 grammes.
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♡ poisoned youth ♡
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♡ date de naissance : 04/09/1996
Ven 24 Juin - 22:20

tes mouvements sont hésitants et un poils maladroits. tu as du mal à retenir le mal qui découle dans tes veines. un mélange de frustration et de peur. le gars s'est rapproché de toi, assis, sa main sur ta joue. tes pensées qui filent. t'as toujours eu peur des hommes et de leurs idées étranges. aucun ne t'a encore approché de trop près, aucun n'a soulevé tes blancs jupons. tu le regardes dans les yeux, en te demandant pourquoi il t'aide. tu comprends pas tout ce qu'il te dit, pourtant tes joues s'empourprent d'une couleur rougeâtre. lorsqu'il en met dans sa poche, t'as le coeur qui s'arrête. s'il en manque, ils vont me tuer ! remet ça ! tu passes ta langue sur ta blessure pour y enlever le sang et tu sens ton corps trembler légèrement. cette chose c'est pas vraiment à moi, c'est à ... mon patron. si je ne leur ramène pas tout, ce sont les noirs baraqués et les italiens aux cheveux gominés qui vont signer mon arrêt de mort, justement. tu ne parles pas autant normalement, c'est la peur qui te tire les vers du nez.
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j'suis le grand frère de pascal le grand frère
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Sam 25 Juin - 1:01

sa réaction ne se fait pas attendre, tortue sauvage prête a te mordre la main pour un peu d'herbe. ton air est surprise tu reprends la tête de verte et la met dans le paquet. ça va calme toi. tu pouvais pas faire caissière comme tout le monde ! tu finis de tout cacher dans le paquet éventré. il faudra trouver un autre sac. tu la regarde. elle est jolie, surement un peu plus âgée que toi. tu sais plus trop quoi dire, tu veux l'aider. entre sa lèvre coupée, son corps tremblant, ses yeux paniqués. t'es à deux doigt de la prendre dans tes bras. ta lèvre arrête pas de saigner, on devrais montrer ça a quelqu'un. oui, 'on', tu ne comptes pas la lâcher de si tôt. tu te relèves. je vais aller prendre un sac plastique à l'épicerie. tu la regardes, toujours par terre, fébrile. t'attrape son sac sans lui demander, le pose sur le banc à côté de vous. puis tu passes derrière elle et l'attrape sous les bras pour la remonter. allez debout ! tu la soulèves, t'as l'impression de ramasser un pote bourré, et tu l'accompagnes doucement pour qu'elle s'asseye a côté de son si précieux sac de beuh. instinctivement, tu écartes une mèche de cheveux de son visage éraflé. ça va allez t'inquiète ! surpris toi même de ton geste tendre, tu retires ta main comme un gamin qui vient de faire une bétise.
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♡ poisoned youth ♡
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♡ date de naissance : 04/09/1996
Sam 25 Juin - 22:18

soulagement lorsqu'il remet l'herbe qu'il avait pris dans sa poche. mais comment arriver à temps ? comment faire pour ne pas avoir de problème avec ton boss ? il va certainement te mettre dehors. ce petit gang est ta seule famille, t'as plus qu'eux pour survivre et continuer ta misérable existence. tu le regardes faire, c'est beau tout ce qu'il fait, ses gestes sont beaux, ses intentions sont belles. il te rassure, te dit que tout va bien se passer. un je ne sais quoi chez lui t'attire, ou du moins, t'empêche de t'échapper en courant. en dehors des gens avec qui tu travailles, aucun homme n'a jamais touché ton visage, ta peau, ton corps. les hommes, tu en as une peur bleue. il t'est déjà arrivée de faire des crises d'angoisses à l'arrivée de certains hommes. tu as parfois des sursauts de surprise, de terreur lorsqu'il approche ses doigts de ton visage, mais tu le laisses faire. il a l'air de vouloir t'aider. assis sur le banc, les yeux plantés dans les siens. t'es comme ça toi, toujours à regarder dans les yeux, comme pour lire dans les pensées de la population qui te parle. tu plisses les lèvres, bien qu'elles te fassent mal. pourquoi tu m'aides ? tu n'me connais même pas ... c'est vrai ça. pourquoi vouloir sauver les fragments de vie qui restent de toi ? t'es presque anéantie entièrement. d'une main tremblante, tu reprends un morceau d'herbe sur le banc et lui tend. tu sais que tu vas avoir des emmerdes, tu sais que l'boss va certainement te battre, lever la main sur toi, t'insulter et te rouer de coups en te traitant d'incapable. mais tu t'en moques, l'mec face à toi mérite au moins ça. tu lui tends timidement avec un mini sourire, coincé, pas encore près à s'envoler. tiens, c'est un mince remerciement mais ... merci de m'avoir aidé. je peux me débrouiller pour le reste, mon ... patron saura me soigner. tu ne comptes pas te soigner en réalité. t'en as jamais été capable, tu préfères souffrir. ça te servira de leçon. en réalité t'as plus peur qu'autre chose, mais tu penses être capable d'assumer seule.
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j'suis le grand frère de pascal le grand frère
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Mer 29 Juin - 19:38

t'hausses les épaules. j'sais pas moi, la question c'est surtout pourquoi personne t'aide a part moi. t'es comme ça marceau, tu fais le beau, mais en réalité, la race humaine t'as jamais réussi à la piger. l'hypocrisie, les faux-semblants, la course à l'argent, les profits, la cruauté, la pollution. même si tu vies comme une gamin de dix sept piges entre mcdo et h&m, t'as toujours une petite voix qui te fais la morale quand tu t'enfiles un big mac ou que t'achètes un nouveau tee shirt dont tu n'as pas besoin. ça doit être le côté un peu écolo artiste de ta mère qui ressort. elle te tend un morceau d'herbe, tu lui souris, hoche la tête. c'est gentil mais j'veux pas avoir ta mort sur la conscience moi ! tu rigoles. c'est un peu cruel de dire ça. tu veux alléger l'ambiance, mais t'es pas franchement bon pour ça. j'vais faire un peu de chemin avec toi si tu veux. t'ira la ou tu dois aller, puis tu me rejoins et on ira soigner ça. puis on se tapera un kebab ou un truc comme ça. j'ai 20e. tu te lèves, sors une clope, la coince entre tes lèvres et l'allumes, prêt à la suivre jusqu'au bout de marseille.
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♡ poisoned youth ♡
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♡ date de naissance : 04/09/1996
Ven 1 Juil - 22:46


tu sais pas trop si c'est à cause de sa manière de t'aider, ou son côté nonchalant, mais t'as  envie de lui faire confiance. tu veux le suivre jusqu'au bout du monde pour aller manger un simple kebab. mais t'as une course à faire. tu baisses ta garde (sans oublier qu'il est de sexe masculin, le mal absolu), et tu esquisses un petit sourire. il prend une clope, l'allume, prêt à te suivre. tu prends la clope entre ses lèvres, la coince entre les tienne pour tirer dessus une unique fois puis lui remet dans la bouche de ce gars le plus tranquillement du monde. on peut y aller. tu marches sans vraiment le regarder, toujours ton sac d'herbes en main, ce n'est plus bien loin, tu n'auras plus à stresser comme tu le fais. t'arrives sur le lieu du rendez-vous. t'es devant la porte, t'as plus qu'à toquer. mais t'as peur. tu le regardes en soufflant. va faire c'que t'as à faire, on s'retrouve sur le banc de tout à l'heure dans environ 20 minutes ? sur ce, tu prends ton courage à deux mains, souffle un bon coup, et toque à la porte trois fois, comme trois coups de feu. puis t'attend. t'as quand même hâte de soigner ta blessure, ça fait mal ces conneries.
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